La République des Pyrénées – Miguel Darrieumerlou (Lundi 19 juillet 2021) Corrida Si – Sud-Ouest Dimanche
GARLIN – Novillada : Manuel Perera en triomphateur
Admirables Garlinois, la passion vissée au cœur, la détermination cousue à l’âme : après trois reports de leur novillada liés évidemment à la crise sanitaire, les Garlinois ont donné course avec succès.
Pour la 8‘ fois consécutive, ils ont donc présenté le fameux élevage salmantino de Pedraza de Yeltes. Qui a les faveurs de l’aficion française puisque cette année leurs toros sont présents dans les arènes d’Arles, Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan, Mimizan… Et on n’oublie pas que ce sont les Garlinois qui ont fait connaître ce fer en France. La réponse du public a été à la hauteur de l’engagement des membres de la Peña Taurine, puisque plus des deux-tiers de l’arène étaient remplis, respectant la jauge imposée et les conditions sanitaires requises.
Digne des plus grandes arènes
L’affiche était digne des plus grandes arènes de feria, les trois novilleros de samedi après-midi étant les plus recherchés du circuit. Leurs adversaires étaient de châssis respectables, comme toujours avec les Pedrazas, et d’humeurs diverses comme il sied. Les meilleurs novillos pour les piétons furent les second, troisième et sixième exemplaires.
Tomas Rufo aurait dû prendre l’alternative l’an dernier, lors de la Madeleine montoise. Cette feria bien évidemment annulée, il devrait être adoubé matador en septembre prochain. L’ayant vu souverain à Mugron il y a peu, nous confirmons. C’est un novillero de grande classe, malheureusement mal servi ce jour au tirage au sort. Cape de soie et vista hors-série, il a le geste juste, efficace et élégant. Son premier adversaire sera médiocre, distrait et vite « tanqué » aux barrières, le second finira sans fixité, plus intéressé par la vie des gradins que par la muleta du garçon, et se réfugiera aux planches. Malgré tout, un excellent futur torero… sans doute. Silence bienveillant après la mort de ses deux opposants.
Alejandro Mora, neveu du grand Juan, même patronyme, hérite d’un premier novillo qui se brise net la corne sur un abri et sur la première charge. Remplacé par un novillo rouquin du même élevage, le garçon l’embarquera avec assurance dans plusieurs séquences des deux mains et le couchera d’une estocade à peine décalée. Deux oreilles. Son second opposant, un autre rouquin de catégorie et de fort tonnage, provoque la chute du picador sur la première pique et en prendra deux rations supplémentaires. Très distrait, degré noblesse frisant le 0, ce sera un bon test pour mesurer les capacités du novillero à trouver des solutions. Il les trouve justement, avec lucidité et vaillance froide, car l’animal est compliqué. Demi-lame, un avis et salut de rigueur. C’est aussi cela la corrida, et pas seulement aligner des passes bien léchées à un toro noblissime.
Le troisième novillero. Manuel Perera, est pris en charge par le désormais retraité Juan José Padilla. Il trouvera le rythme de son premier adversaire dans un style plus bouillant que classique (cf. son mentor !) avec un certain côté racoleur qui porte sur les gradins. Estocade en deux temps, deux oreilles pour le virevoltant novillero et tour de piste pour la dépouille du bon novillo. Offerte à une troupe nombreuse de scouts parisiens, la faena à son dernier, supérieur au premier tiers, tournera vite court mais le garçon en a saisi l’essentiel. Estocade au troisième jet, oreille et mouchoir bleu à nouveau pour ce novillo.
Comme de juste, sortie sur les épaules pour Mora et Perera. Le Prix Jean-Ducos au triomphateur a été logiquement attribué à Manuel Perera, le prix à la meilleure cuadrilla est tout aussi naturellement revenu à celle de ce dernier. Le public est sorti des arènes avec le sourire. C’était cela, la vraie récompense des organisateurs.
Photos de Philippe Latour
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Photos de Matthieu Saubion
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Une novillada triomphale